Plaidoyer pour que l'imprimerie soit intégrée à l'effort de défense
A l'heure où l'Union européenne repense sa stratégie de défense, en se rendant compte de sa vulnérabilité et de sa dépendance, il serait crucial que nos femmes et nos hommes politiques intègrent les moyens de communication dans cette réflexion. Et pas uniquement les moyens de communication digitaux…
Comme pour l'armement – et sûrement encore plus – nous dépendons de technologies et d'infrastructures américaines ou asiatiques, dont la disponibilité ou la confidentialité peuvent être remises en cause d'une simple signature de décret ou d'un simple clic. Ce phénomène est exacerbé par l'Intelligence Artificielle, domaine dans lequel malgré Mistral, nous restons trop loins derrière les leaders américains.
La préparation de la stratégie de défense repose sur le fameux "What if"… cet exercice d'élaboration d'hypothèses, afin de déterminer la résilience des infrastructures.
Je pense sincèrement qu'à un niveau de menace relativement peu élevé, notre pays et notre société peuvent être grandement perturbés par la destruction ou la mise hors d'état de nos infrastructures digitales. Nous sommes trop dépendants au digital, que ce soit pour nous informer, pour travailler et pour communiquer en nous coordonnant. Cela se voit par exemple lorsque des hôpitaux subissent de graves cyberattaques : à un certain point, seul le recours au "papier-crayon" permet de garantir le fonctionnement des services…
A ce titre, l'imprimerie m'apparaît comme une industrie de résilience : elle est la garante de notre autonomie et de la communication officielle et sécurisée. Pendant la crise COVID, ce besoin s'est révélé criant lorsqu'il a fallu soudainement imprimer des millions d'étiquettes pour les flacons de gel hydro-alcoolique. Notre autonomie et notre défense passent aussi par le recensement et la préservation de moyens de communication de dernier recours, seuls aptes à garantir le fonctionnement des services vitaux, même en l'absence d'infrastructure digitale.